D'ailleurs, voici une vision de Sherbrooke bien complète à mon avis, postée sur un forum voisin:
"Tout d'abord, il faut savoir que Sherbrooke c'est une ville fusionnée de 150 000 habitants (ville + agglomération), donc si vous êtes français, ne vous attendez pas à arriver à Rennes, Brest ou Reims, mais plutôt dans une ville de la taille de Pau ou La Rochelle. Vous aurez donc un niveau de service équivalent à ce type de ville, pas plus. Pas la peine d'espérer un métro !
L'environnement urbain ? Une ville moyenne d'Amérique du Nord, avec un relief assez extraordinaire (gorges et Lac en centre-ville, petite montagne de ski en ville, belles forêts, très vallonnée), un bâti très agréable dans quelques quartiers anciens (le vieux Nord principalement), et une grande partie de la ville composée de logements pavillonnaires assez standardisés (pavillon, 4 voitures dans l'allée, pelouse, rue locale) notamment à Rock Forest et Fleurimont. Le Centre-ville reprend de la vigueur mais part de tellement loin qu'il reste encore décevant pour les normes européennes, et à peine correct pour les normes québécoises.
Les services ? Exceptionnels pour une ville d'Amérique du Nord de 150 000 habitants, un secteur de la santé très très important (deux grands hôpitaux universitaires, de nombreuses cliniques et tout ce qu'il y a autour), deux universités (une très connue, l'UDES, francophone, et une anglophone Bishop's, un peu Ivy League dans l'esprit), deux collèges (le CEGEP, francophone, le Collège Champlain, anglophone) et un secteur de l'éducation très bien construit. C'est une des villes qui récupère le plus les déchets au Canada, et le service de transport en commun est le plus important pour les villes de moins de 200 000 habitants au Canada (niveau d'offre + qualité de l'offre), par contre, ça reste du bus, et c'est certain que si tu habites au fond d'un quartier pavillonnaire, ou dans la forêt, tu as des chances de ne pas avoir beaucoup d'offre.
Presque toutes les infrastructures sportives sont très abondantes et gratuites (terrain de foot, terrain de tennis, patinoires, parcs etc.), il y a plusieurs grandes piscines et si vous aimez les sports d'hiver, c'est presque le paradis, avec plus de 5 stations de ski à moins d'une heure de voiture, et si vous êtes à pied, vous avez toujours la possibilité d'aller faire du ski de fond ou des raquettes dans les nombreuses forêts urbaines ou descendre la petite station de ski alpin du Mont Bellevue, qui est en ville.
La qualité de vie ? En fait tout dépend de ce que tu recherches. Si c'est un milieu sécuritaire et abordable pour faire grandir une famille, Sherbrooke a des avantages assez incroyables, avec un niveau de délinquance extrêmement bas (comparable à une ville française de province type Tulle ou Cahors), même dans les quartiers les plus défavorisés, et de très nombreux services gratuits ou peu chers. Si c'est une ville dans laquelle tu pourras aller au théâtre le vendredi, une galerie d'art le samedi, et profiter d'un festival le dimanche, euh, je pense que tu as de meilleurs choix à faire.
La culture ? Le gros point faible de Sherbrooke à mon sens, c'est assez proche du néant, même si les quelques activités existantes sont de qualité (comme l'Orchestre symphonique de Sherbrooke, le théâtre Granada et ses concerts, le cinéma La Maison du Cinéma et ses 17 salles en centre-ville), il n'y en a vraiment pas beaucoup. Le monde artistique est quasiment absent, et pour avoir quelque chose de vraiment intéressant en termes de peinture ou de théâtre, il faut aller à Montréal ou à ²Ï³Üé²ú±ð³¦. C'est un point noir assez important. C'est pour moi au niveau d'une ville française moyenne de 40 000 / 50 000 habitants, du coup ça fait un décalage avec le reste.
Le shopping et l'alimentation ? Si tu es un ou une accro du shopping, tu risques aussi d'être désabusé(e), car au delà des magasins assez standards que tu peux retrouver au Carrefour de l'Estrie ou au Plateau St Joseph, les quelques magasins originaux sont situés au centre-ville, mais il y en a très peu, tu les comptes sur les doigts des deux mains. Il existe plusieurs grandes librairies, avec beaucoup de choix de livres, et l'Estrie est un lieu privilégié pour la nourriture, avec de nombreux fromages, charcuteries et viandes de qualité. De plus, c'est une des villes du ²Ï³Üé²ú±ð³¦ où tu peux retrouver le plus grand nombre de restaurants de qualité (pas donnés, mais tu manges vraiment bien). A comparer bien sur avec l'Amérique du Nord, pas l'Europe, sinon vous allez tomber de haut.
Les études ? Un des tous meilleurs endroits au ²Ï³Üé²ú±ð³¦, le meilleur après Montréal et il y a même débat avec ²Ï³Üé²ú±ð³¦. On trouve à peu près tout ici, c'est assez exceptionnel.
Le marché de l'emploi ? Le taux de chômage est très faible, et ce n'est pas trop compliqué de trouver des petits boulots, mais par contre le marché de l'emploi est à l'avenant d'une ville de 150 000 habitants, peu de demande, mais peu d'offres si tu ne travailles pas pour une des institutions. La Ville est en recherche constante de diplômés, mais a beaucoup de mal à garder ses étudiants (contrairement à ce qu'écrivait une forumiste), car ce n'est pas facile de trouver un travail correspondant à un profil très particulier. Les salaires moyens sont hauts dans les institutions, et très bas dans le secteur privé, car historiquement assez industriel. Il faut vraiment bien évaluer les possibilités d'emploi, surtout si on a un profil pointu, avant de choisir de s'établir ici.
L'immobilier ? Les maisons et appartements sont en moyenne très bon marché ici, comparativement à Montréal et sa région ou à ²Ï³Üé²ú±ð³¦, que ce soit pour la location ou pour l'achat. C'est sur qu'il y a des variations très grandes selon les endroits, mais il y a de tous les prix, pour tous les budgets. Pour un 3 et demi, cela peut aller de 400$ par mois et chauffé à Ascot, à 700/800$ non chauffé dans le Nord.
Le niveau de vie ? Tout dépend vraiment de ton travail, si tu travailles dans une institution, c'est clair que c'est très intéressant, car tu peux faire des choix de vie peu chers si tu le souhaites tout en ayant un bon salaire. Si tu travailles au salaire minimum, ben c'est comme partout, tu vas tirer le diable par la queue.
L'intégration ? Pas forcément facile, il faut le reconnaître, c'est une ville moyenne, tout le monde se connait depuis trois générations. J'ai grandi dans une ville de 50 000 habitants en France, et c'était très ressemblant. Cela demande d'importants efforts pour s'intégrer, c'est clair, mais les gens restent quand même assez ouverts. "