Bonjour,
Moi aussi c'est la première fois que j'écris sur ce forum. J'avais jusqu'il y a quelques jours la tête dans les papiers d'assurance maladie, donc c'est assez frais pour m'exprimer! Je peux témoigner de ma propre situation mais aussi de situations de collègues français et allemands avec qui on a longtemps parlé de l'assurance maladie.
J'ai trouvé le tout très compliqué au début mais maintenant je trouve cela presque logique. La différence avec la France, c'est que l'on doit choisir notre assurance, c'est assez étrange au début je trouve et surtout ça te force à en connaître le coût. Quand je travaillais en France, c'était prélevé, avec le tiers-payant je ne payais rien, je ne connaissais aucun des coûts, juste cette franchise de 1 euros qui apparaissait partout sur les relevés, ou alors je devais me pencher sur les détails de mon bulletin de paie.
La différence que j'ai mis du temps à saisir est qu'il y a des assurances dites publiques (elles ne le sont pas vraiment si j'ai bien compris) et des assurances privées. Côté privé, tu peux payer moins de 100 ou 200 euros/mois mais ce montant correspond à des choix. C'est-à -dire que tu choisis, si j'ai bien compris, ce pour quoi tu veux être couverte.
Une assurance privée, tu coches et tu paies en fonction. Elle n'est pas fixée en fonction de ton salaire. De plus, c'est une véritable assurance, donc tu paies des franchises pour chaque chose. Si tu es en bonne santé, ça te coûte peu, sinon, ça peut aller chercher très loin.
L'avantage, c'est que tu es prioritaire chez certains médecins.
A la fois, c'est vrai qu'en Allemagne, il y a peu de délais pour des rendez-vous.
Et c'est très difficile, voir impossible, de passer du privé au public. Le contraire est toujours possible.
Je trouve la perspective de ne jamais pouvoir rejoindre une assurance publique si je suis dans une assurance privée est angoissante.
Côté caisse dite publique, tu paie/cotises par mois la même somme fixée selon ton salaire. Et tu ne paies pas de frais, si ce n'est une sorte de franchise pour les médicaments.
En fait, il faut choisir en Allemagne la façon dont tu veux gérer tes éventuels problèmes de santé.
Soit tu paies, plus, et tu es tranquille, le système équivalent au système français, soit tu paies, moins, mais tu n'es pas à l'abri de payer beaucoup plus un jour.
Je n'ai pas l'impression que la concurrence existe entre les caisses dites publiques, je me suis renseignée auprès de quelques unes et c'était toujours le même taux de cotisation annoncé.
Côté privé, c'est plus concurrentiel.
J'étais inscrite à la TK lors de mon premier emploi en Allemagne.
Mes collègues de travail me l'avaient alors recommandée. Leur raison était que la TK rembourse les médecines autres comme l'homéopathie, mais également l'ostéopathe, des cours de yoga si ceux-ci ont un lien direct avec une douleur physique etç...
Je les trouve très efficaces et agréables au téléphone. A la fois, tu es un client, que ce soit pour l'assurance privée ou publique.
L'inscription était faite en un coup de fil. En effet, quand tu es employée non indépendante, et que ton entreprise est déjà inscrite à cette caisse, l'inscription est presque automatique. Tu dois juste fournir des informations d'état civil et tu es couvert le jour même. Pour le montant des cotisations, ça marche comme France, c'est déduit de ton salaire brut, une part payée par toi, une part payée par l'employeur.
A présent, je suis travailleuse indépendante (@Eliseetmoi, peut-être y trouveras-tu une aide!). Je me suis donc inscrite sous cette appellation à nouveau à la TK et attend ma carte qui doit bientôt arriver.
La TK calcule le montant de tes cotisations selon tes revenus annuels. Si tu débutes, tu fais une estimation et c'est réajusté en fin d'année. Le taux horaire que tu factures à tes clients est comme un brut. De ce brut, tu ôtes les cotisations: krankeversicherung et pflegeversicherung. Apparemment, la cotisation "pflege" est obligatoire.
Je dois payer un peu plus de 300€. Je n'ai pas encore d'enfants et ne suis pas mariée.
Cela est assez cher mais tu es entièrement couverte.
Mais j'ai de la chance: mon métier est reconnu par la KSK, la kunstsozialversicherung. Il y a une liste de métiers dont les cotisations sont pris en charge par moitié par cette assurance. Ca marche comme si tu étais employé et non indépendant. Si je paye 300€ ils payent donc 150€ pour moi. Ils prélèvent tous les mois une somme globale qui comprend la krankenversicherung, la pflegeversicherung et la renteversicherung. En effet, avec la KSK, tu paies toutes tes cotisations d'un coup, c'est très pratique. Il te reste quand même les impôts !
Si jamais ton métier entre dans leur liste, demande à remplir un dossier, l'étude de celui-ci prend du temps (pour moi ça a duré quatre mois) mais les droits sont rétroactifs.
Autre possibilité: rester inscrit en France et bénéficier de la sécurité sociale des français à l'étranger. Tu dois alors avancer tous les frais et remplir et envoyer en France tes feuilles de soin. C'est pratique si tu vas peu chez le médecin. Sinon, c'est beaucoup de paperasseries et ça peut coûter plus de 300€ par mois (je ne sais pas comment est fixé le montant mais c'est ce qu'a payé une collègue mensuellement).
Enfin, côté qualité des soins, c'est très agréable de pouvoir faire les analyses de sang, échographies et radios et autres analyses directement dans le cabinet du médecin. Et tu peux toujours trouver un médecin qui parle français dans ta ville avec un peu de chance, une liste est communiquée par le consulat.
Voilà mon expérience.
Bonne journée à tous!
ðŸ·ß1 membre a réagi à ce message