Je conduis en Ecosse depuis 11 ans maintenant – 10 ans avec une voiture française et 1 an avec une voiture britannique. Je ne peux que comparer mon expérience ici avec le sud-est de la France, d’où je viens.
Je fais à peu près 120 bornes par jour pour aller travailler et mes activités m’amènent aux quatre coins de Glasgow. Au fil des années, j’ai aussi beaucoup voyagé en voiture dans le reste de l’Ecosse – toutes les îles ou presque.
En général, le Code de la Route est bien respecté ici. Par rapport à ma région, les gens savent prendre un rond-point mais vous laisseront passer si vous vous êtes trompé de file. Lors de travaux et/ou réductions de chaussée, ils font la queue gentiment et poliment, mais vous laisseront passer si vous grugez toute la queue. Ils respectent plus ou moins les limites de vitesse, comme partout, mais plus que chez moi. Ils utilisent les warnings pour dire merci, les feux de route pour faire signe de passage, et en grande majorité, mettent leur clignotant. Pour l’anecdote, quand je conduits en France, j’ai toujours quelqu’un à côté de moi pour me rappeler de rester du bon côté, mais qui m’enlève toujours mon clignotant et me demande, sur un ton de reproche, si je veux mourir.
J’ai rarement entendu un klaxon ici, hors cas d'urgence pour lesquels le klaxon doit en effet être utilisé, et il est très rare que l’on ne me laisse pas passer sur une voie d’insertion pour entrer sur l’autoroute ou autre. Même dans les embouteillages monstres des heures de pointes, on laisse passer, on est courtois, et on n’oublie pas ses warning pour dire merci.
Il y a des messages lumineux sur les autoroutes tels que : ‘be courteous’ et ‘belt up in the back’ ou encore dans le nord, au-dessus d’Inverness, sur la route d’Orkney, où il n’y qu’un double voie, ‘’frustration can kill’’. Peut-être que les messages subliminaux fonctionnent…?
Les automobilistes ici se plient en quatre pour laisser passer ambulances/pompiers/etc., choses que je voyais rarement chez moi.
Je trouve aussi que brûler les feux rouges n’est pas monnaie courante dans les endroits que je fréquente, sauf pour les taxis qui possèdent l’asphalte et font les U-turns (demi-tours) à 360 degrés avec leurs essieux truqués. Je ne m'en plaints pas s'ils me permettent d'arriver à destination plus rapidement. En tant qu'automobiliste, je contourne et tourne la page.
En parlant des endroits plus reculés, je trouve qu’il y a un certain manque de signalisation. En gros, il y a un panneau pour 200 km. Alors, d’accord, quelquefois, ce n’est pas la peine d’en avoir plus car il n’y a qu’une route, mais ça m’a énervée plus d’une fois de tourner en rond dans des endroits pommés pour trouver l’endroit où je voulais aller.
Les ‘single tracks’, ‘passing places’ et autres ‘cattle grids’ font partie de la culture dans les endroits plus reculés. On m’a toujours laissée passer avec un petit signe de la main et un grand sourire. Il faut aussi comprendre que les gens qui habitent dans ces endroits vont bosser quand le reste d’entre nous fait du ‘road trip’ et ils n’ont pas forcément le temps de faire des courbettes et savent qu’il n’y pas de flics à 100 km à la ronde, docn ils roulent vite, mais bon je fais exactement pareil quand je vais au boulot. Combien de fois ai-je fait l’expérience de l’Electric Brae ( ) pour amuser la galerie ! Et on ne m’a jamais klaxonnée ou regardée de travers alors que je bloquais toute la route ! Gentiment contournée avec un petit sourire amusé – Pfff, ces touristes, un rien les amuse!
L’état des routes n’est pas si mauvais, en sachant que les autoroutes, à quatre (2×2) voies seulement pour la plupart, sont gratuites. Glasgow est réputé pour ses ‘pot holes’ ou nids de poule. Même BMW n’a toujours pas trouvé la solution pour que leurs essieux survivent ici. D’où l‘expression quelquefois utilisée par les ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de Glasgow – ‘’quand tu rentres en France, tu as des roues carrées’’. Tout comme en France, il y a des régions où il neige en hiver, donc les routes se déterriorent et les Local Authorities n’ont pas forcément les moyens de les refaire.
Ce qui m’agace, lorsque je suis passagère, c’est qu’ils mettent le frein à main dès qu’ils sont à l’arrêt. Quelle perte de temps et d’énergie…
D’après mon expérience, les écossais en général jurent par leur voiture. Ils vont avoir le dernier modèle, plaque d’immatriculation mentionnant l’année de mise en circulation à l’appui, et vont changer de voiture plus souvent qu’un français. Je me souviens d’une collègue me disant qu’il était temps pour elle de changer les pneus de sa voiture. Une semaine plus tard, elle avait une nouvelle voiture, toute neuve. Sa réponse ? ‘’I could nae be bothered’’. J’ai été témoin de ce phénomène nombre de fois ! Ils vont être curieux de savoir de quelle année est votre voiture pour comparer et être sûr que la leur est aussi ou plus récente. Ils sont aussi respectueux, pour la plupart, du contrôle technique (MOT et Servicing) qui se fait tous les ans.
J’avoue qu’il plus agréable de conduire une voiture avec le volant à gauche en Ecosse, car les gens sont encore plus sympa et comprennent qu’en étant de l’autre côté, on n’a pas la meilleure visibilité. J’ai remarqué une légère baisse dans ce domaine depuis que je conduis à droite. Également, on peut de permettre d’être plus audacieux avec une voiture étrangère – on n’aura jamais d'amende pour parking ou excès de vitesse puisque pas d’adresse où l’envoyer, on peut souvent gruger et jouer la carte du ‘‘ben j’savais pô !’’ ou parler en français quand on se fait arrêter parce qu’on a pris la voie des bus parce qu’on ne voulait pas faire le tour du quartier.
Avec ma voiture British, tout ça, c’est fini pour moi maintenant, à mon grand désarroi…
Alors, oui, en effet, il y aura toujours des imbéciles, comme partout, qui ne feront rien de tout ce que j’ai mentionné, mais de ceux-là il y en a plein chez moi aussi. J’ai forcément fait du hors-sujet, mais en conclusion, je dirais que par rapport à chez moi, je me sens tout de même plus en sécurité sur la route ici.
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